The Double (墨雨云间) met les femmes à l’honneur dans un drame alimenté par la vengeance et la justice. Malgré un début entraînant, le milieu devient long pour se terminer sur un final sans réels enjeux autres que dramatiques.

Trahie par son mari, Xue Fang Fei (Wu Jin Yan) échappe à la mort. Revenant sous une nouvelle identité, elle compte bien obtenir justice et vengeance pour les torts des uns et des autres. Sur son chemin, elle ne cesse de croiser le Duc Su (Wang Xing Yue), qui ne peut nier son courage et sa détermination.

The Double plonge directement le téléspectateur au cœur de son intrigue lorsqu’on découvre Xue Fang Fei être victime d’une injustice. Accusée d’infidélité, son mari la tue (ou du moins, il pense l’avoir tué) et l’abandonne dans une tombe de fortune en pleine montagne. S’extirpant de sous terre, Xue Fang Fei prend l’identité de Jiang Lie et promet d’obtenir justice pour cette dernière et elle-même. Il y a quelques semaines, In Blossom (花间令) mettait déjà en scène la prise d’identité d’une autre personne. La différence est l’axe de vengeance qui va alimenter le drame sur toute sa durée.

Au-delà de la vengeance, la première chose qui se démarque dans ce drame, c’est le développement des personnages. Chacun possède son histoire et les raisons les poussant à agir comme ils le font.

Tout d’abord, le Duc Su, parfois nommé Xiao Heng. D’une beauté cruelle, c’est un homme confiant, calme et stratège qui manie l’éventail avec finesse. Souvent vêtu de rouge, cela vient renforcer son aura dangereuse, mais aussi la douleur de son passé pour lequel il tente d’obtenir justice. Cependant, et malgré le fait qu’il soit un personnage principal, il reste plus effacé que la FL devenant secondaire dans la plupart des intrigues. Or, les hommes de ce drame n’avaient aucune chance face au Duc Su ! Et je ne suis pas tellement désolée pour eux, car il n’en fallait pas moins pour se tenir aux côtés de Xue Fang Fei (ou Jiang Lie).

Wang Xing Yue (Duc Su)
Wu Jin Yan (Xue Fang Fei / Jiang Lie)

Une femme en quête de vengeance est une thématique abordée plusieurs fois ces deux dernières années. Cela dit, c’est toujours intéressant de voir la façon dont elle sera traitée. Dès le premier épisode, l’histoire nous pousse vers un élan de sympathie pour Xue Fang Fei. Personnellement, j’aime les femmes en quête de vengeance. Elles sont souvent dangereuses, car rusées et imprévisibles. On dit souvent que se mettre entre une femme et sa vengeance est une mauvaise idée. Xue Fang Fei le démontre plus d’une fois en ayant toujours une sortie de secours lorsqu’elle se retrouve acculée.

C’est une femme audacieuse, mais sans jamais entrer dans une provocation gratuite ou de la grossièreté. Elle reste élégante et humble. Parfois théâtrale, mais le drame s’amuse justement avec le théâtre. Cela n’ajoute que plus de charme à l’histoire et à son personnage.

Li Meng (Wan Ning)

En plus des personnages principaux, deux autres se sont démarqués. Tout d’abord, la princesse Wan Ning (Li Meng). Une dominatrice égoïste, jouissant sans pudeur de son pouvoir afin de faire plier les genoux de Shen Yu Rong. Une obsession qu’elle nourrit depuis sa première rencontre avec lui. Peu importait qu’il était marié, elle le voulait, alors elle était prête à tout pour l’avoir.

Ensuite, Shen Yu Rong (Liang Yong Qi) est un personnage intéressant. Il refuse de bafouer son travail et de trahir l’Empereur. Malheureusement, le pauvre homme a abandonné la seule femme qui ne voulait pas l’utiliser. En fin de compte, Shen Yu Rong est un pantin dont on tire les ficelles sans vergogne. Si cela n’excuse en rien ses actes, c’est un personnage intelligemment mis en scène qui ne sert pas seulement de catalyseur.

Liang Yong Qi (Shen Yu Rong)

En revanche, en raison de la multitude de sous-intrigues, on s’éloigne régulièrement de la quête de vengeance. Les chemins empruntés sont nombreux et parfois peu utiles – avec 40 épisodes au compteur, ça peut vite devenir long. Le milieu de l’histoire n’était pas nécessaire. Elle pouvait seulement sauver le concerné et rentrer à la capitale. Cette partie était trop longue et oubliée une fois rentrée, donc sans intérêt. De plus, la grande majorité des morts se sont accumulées sans susciter de réelles réactions, à part deux. La première est celle du magistrat Feng. C’est simple, j’ai eu autant de plaisir devant sa mort que je n’en ai eu devant celle de Joffrey dans GoT. La seconde qui m’a profondément touché (tu parles, j’étais en larmes devant mon écran) est celle de Tong, la servante. Mais au-delà…

Les femmes subissent les conséquences de leurs erreurs alors que les hommes s’en sortent souvent avec une attitude insouciante.

– Xue Fang Fei

D’une façon générale, le drame s’intéresse à l’oppression des femmes et aux abus dont elles sont victimes. Les femmes morflent dans The Double, mais cela ne devient pas un discours interminable sur les droits des femmes. C’est tout en subtilité avec des personnages forts et aux motivations diverses (dont une belle-mère tyrannique). Le tout accompagné d’une jolie mise en scène et d’une bande originale discrète et efficace.

墨雨云间 The Double (Mo Yu Yun Jian) / 优酷 Youku
墨雨云间 The Double (Mo Yu Yun Jian) / 优酷 Youku

The Double est disponible sur Viki (eng sub).